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Publié le par Politique Educative Locale de Brest

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kévin 28/08/2009 11:24

Votre site est excellent, bravo !! ;-)

HEMERY 15/07/2008 09:43

Je vous invite à consulter
- le site du café pédagogique en date de ce jour mardi 15 juillet, rubrique "le fait du jour".
Titre: Samedi matin: c'est la pagaille pour les maires!
- et le lien vers la dépêche AFP à l'origine de cet article.

oups 17/06/2008 21:55

Je suis très surprise que M Montagner "truste" à ce point ce blog où tout le monde pouvait s'exprimer et où personne ne semblait attendre de lui une réponse.
Ses commentaires en plus d'être cassants sont longs et manquent de synthèse.
Les personnes qui s'exprimaient ne faisaient pas de politique...et c'était très bien.
M Montagner : vos écrits et exposés sont suffisamment largement relayés par la Mairie de Brest : on connait votre opinion : laissez nous donner le notre !!
Et inutile de répondre à ce commentaire. Merci.

Hubert Montagner 16/06/2008 13:53

Commentaire de Madame ou Monsieur RIVOAL
Tout d'abord le report de la demi-journée du samedi au mercredi matin obligerait tous les enfants à se lever 5 jours consécutifs et pour certains vers 6 H 30 - 7 H 00. Ils
n'auront plus la possibilité de se reposer le mercredi matin. De plus le professeur MONTAGNER a bien insisté sur le besoin de sommeil chez L'enfant.
Ainsi, à moins d'obliger les employeurs à fermer les entreprises à 16 H 00 je ne pense pas que beaucoup de parents pourront venir chercher leurs enfants à 16 H 30 à
l'école. De ce fait, on connaitra une augmentation du nombre d'enfants en garderie d'où un besoin de personnes supplémentaires pour s'occuper d'eux et de structures
supplémentaires pour les accueillir.
Le travail des structures d'accueil de loisirs mises en place depuis de nombreuses années est remis en cause. Le mercredi matin deviendrait un "Mercredi ludique" (terme
employé par le Professeur Hubert MONTAGNER).Maintenant, c'est une fois de plus aux enseignants de s'adapter à cette nouvelle responsabilité qu'on veut leur imposer...
Pourtant, il existe de nombreuses organismes sportifs et associatifs ouverts à un public très varié et que l'on pourrait développer à l'ensemble du département.
La semaine de 4 jours permettrait d'harmoniser l'ensemble de notre département aux autres communes avoisinantes passées depuis de nombreuses années à ce rythme là.
Pensons à tous les enfants...
Cordialement

Réponse de H. Montagner
“Pensons à tous les enfants”.
Comme le montrent les recherches réalisées depuis 4O ans, mes collaborateurs, collègues et moi-même “pensons à tous les enfants”, y compris les enfants vulnérables,
porteurs de handicaps ou ayant des “troubles” du développement ou du comportement, par exemple pour envisager la place des psychotiques ou autistes à l’école. “Nous ne
pensons pas” seulement à quelques-uns ou à ceux de certaines catégories sociales.
Le respect du rythme veille-sommeil des enfants repose sur une grande régularité de l’heure d’endormissement tous les jours de la semaine, un coucher avancé à 20h.00-
20h.30 ou plus tôt pour les enfants “longs dormeurs” pour qu’ils puissent se réveiller d’eux-mêmes le lendemain matin. Il faut aussi un rituel apaisant pour accompagner
les enfants dans leur endormissement afin de rassurer ceux qui sont inquiets, anxieux ou angoissés. En effet, avant de s’endormir, les enfants de tous âges, y compris les
adolescents, ont besoin de ne pas se sentir abandonnés, négligés ou rejetés. En d’autres termes, ils ont besoin de s’installer dans la sécurité affective. Certains passent
souvent une “mauvaise nuit” quand ils sont envahis par la peur “de mal faire” à l’école le lendemain : c’est ce qu’on appelle l’anxiété de performances. Quand les enfants
manquent de sommeil (c’est malheureusement une réalité fréquente comme le montrent toutes les études et enquêtes récentes), il serait souhaitable que l’école s’organise
pour leur proposer à leur arrivée un dernier cycle de sommeil dans un lieu approprié ... ce qui est facile à réaliser et ne nécessite pas beaucoup de m2. En effet, la durée du
dernier cycle de sommeil nocturne est courte. Le plus souvent, elle est de 15 à 30 minutes. Par conséquent, pour une arrivée à l’école à 08h.30, il est largement possible de
créer les conditions qui permettent à un enfant “pas tout à fait réveillé” de s’endormir, en tout cas de se détendre et de retrouver progressivement une certains vigilance
comportementale avant 09h.00-09h.15-09h.30 selon les enfants (par vigilance comportementale, il faut entendre les comportements d’alerte par rapport à
l’environnement). Non somnolent et redevenu vigilant, il peut ensuite s’engager dans les apprentissages scolaires avec une probabilité plus élevée d’être attentif, réceptif,
disponible, intellectuellement concentré et “performant”. Croit-on qu’un enfant peut bien comprendre et apprendre s’il n’est pas suffisamment vigilant, attentif, réceptif et
disponible ? J’ai expliqué précédemment que la première heure - 08h.30 à 09h.30 - est le plus souvent un moment de faible vigilance qu’il faudrait “neutraliser” au plan
pédagogique parce qu’il faut à certains élèves, souvent la majorité, plus de 30 minutes pour “se réveiller” (à redevenir vigilants), parfois plus de 45 minutes. Il est illusoire
de penser que, chez la majorité des enfants, une dictée, un exercice de grammaire, une leçon de mathématique ... puissent être alors efficaces.
Je ne donnerai ici qu’un résultat quantitatif de la recherche fondamentale : au cours préparatoire, 68% des enfants bâillent, s’affalent sur leur table, s’étirent ... entre 09h.00
et 09h.30. Par ailleurs, lorsque les enfants n’ont pu satisfaire complètement leur besoin de sommeil pendant les jours scolaires, par exemple s’ils sont réveillés à 06h.30-
07h.00, ils compensent d’eux-mêmes leur déficit de sommeil en augmentant la durée du sommeil nocturne au cours des jours non scolaires du week-end et pendant les
jours fériés... quand c’est possible. Or, dans le cadre de la semaine de 4 jours, nombre d’enfants se réveillent ou sont réveillés à la même heure le mercredi matin parce que
les horaires de travail des parents restent les mêmes ou aussi parce qu’ils se sont habitués au fil des semaines, ou encore parce que, le mardi, ils ont un projet pour le
mercredi. Même si on observe aussi que des mères (parfois des pères) qui ne travaillent pas ou qui peuvent “s’arranger” par rapport à leur travail, sont à la maison pour
accueillir l’enfant à son réveil du mercredi matin plus tard que les autres jours. Dans le cadre de la semaine de 4 jours, avec un départ pour le week-end le vendredi en fin
d’après-midi ou tôt le samedi matin, la plupart des enfants ne peuvent pas réellement compenser un déficit éventuel de sommeil. Le plus souvent, ils accentuent leur déficit.
En effet, le sommeil nocturne est souvent écourté dans la nuit du vendredi au samedi, presque toujours diminué et plus ou moins perturbé dans la nuit du samedi au
dimanche (sans compter la fatigue générée par un “temps de télévision” augmenté, un temps de visite à la famille ou aux amis, de réception des visiteurs ...), et aussi dans
la nuit du dimanche au lundi. L’observation du comportement des enfants en classe le lundi révèle clairement que la majorité des élèves sont endormis le matin, en tout cas
non réceptifs et non réactifs, et agités l’après-midi plus souvent et longtemps que dans le cadre de la semaine scolaire de 4 jours et demi avec le samedi matin scolarisé.
Bien évidemment, la faible vigilance et le comportement des enfants ne facilitent pas le lundi la pédagogie et ne favorisent pas la transmission du savoir et les
apprentissages scolaires, quelles que soient les compétences et les qualités professionnelles des maîtres. En conséquence, il ne reste plus à ces élèves que 2 jours et demi
pour bien comprendre et apprendre (mardi, jeudi et vendredi matin, la plupart des enfants étant fatigués ou non disponibles le vendredi après-midi). Est-ce bien cette
école que désirent les Français pour leurs enfants ?
Depuis plus de 30 ans, les spécialistes préconisent de repenser complètement la journée des enfants dans le cadre des 24 heures, et pas seulement en fonction du temps
scolaire. Il faudrait tout d’abord que les enfants, les parents et les enseignants reçoivent des informations claires et fiables sur le rythme veille-sommeil des enfants de tous
âges. En outre, il est souhaité que, en dehors du temps scolaire, quelle que soit l’heure de la fin de la classe (16h.00, 16h.30 ...), tous les enfants soient accueillis dans des
lieux où ils puissent attendre leur(s) parent(s) en toute sécurité physique et affective ... en jouant, en lisant, en chantant, en pratiquant tel ou tel sport, en s’engageant dans
les arts plastiques, les activités manuelles (peinture, sculpture, poterie, collages ...) et les activités culturelles, en rêvant, etc. L’important est que, dans chaque commune et
dans chaque communauté urbaine, on réfléchisse à ce qu’il est possible de proposer concrètement aux enfants de tous âges, avec le concours des familles, enseignants,
mairies, associations, clubs ...
Je ne vois pas en quoi un mercredi matin scolarisé remettrait en cause les activités existantes dans les centre de loisirs. On peut très bien imaginer un mercredi scolarisé qui
mette en interaction les classes et les différentes structures et associations concernées par les enfants. En outre, une telle réflexion peut être nourrie par un nouveau projet
pédagogique dont l’objectif soit de développer, à travers le jeu, le sport, le théâtre, les contes, les interactions sociales ou les “blagues”, l’expression orale, la lecture,
l’écriture, l’expression corporelle, la maîtrise des arts plastiques, la pratique de l’ordinateur, la culture de l’imaginaire, etc. En effet, en s’engageant avec “les copains-
copines” dans des activités qui leur font plaisir et qui les motivent, les enfants apprennent non seulement des mots nouveaux ou mieux compris (le vocabulaire de la langue
usuelle ou d’autres langues), la syntaxe et la grammaire ... sans être dans une situation d’apprentissage formel.
Une fois pour toutes, L’école a été instituée pour les enfants. Elle appartient donc en priorité aux enfants.
Quant aux enseignants, ils montrent au quotidien qu’ils ont le sens des responsabilités. Mais, ils manquent d’une définition claire des finalités de l’école par le Ministère de
l’Education Nationale, c’est-à-dire “une école pour quoi faire, pour quels enfants, pour quelles familles, pour quelle société”, maintenant et demain. Une finalité majeure de
l’école devrait être de créer les conditions qui permettent à chaque enfant de se réaliser dans ses dimensions d’enfants, et pas seulement dans ses dimensions d’élève, avec
des enseignants et des éducateurs “complémentaires” auxquels on donne vraiment les moyens et conditions nécessaires au développement d’une pédagogie dont tous les
enfants bénéficient ... et pas seulement ceux qui réussissent ou qui ont besoin d’un soutien relatif pour combler certaines lacunes, erreurs ou ignorances. Chaque enfant-
élève doit être considéré dans ses différences et particularités, y compris quand elles sont dérangeantes. L’école publique de la République doit être une école pour tous les
enfants et non pour ceux de certaines catégories sociales.
Cela passe par une diminution de la durée des journées scolaires et par leur réorganisation, et non pas à priori par la semaine. Si on diminuait la durée des journées
scolaires, et si on les réorganisait, les enseignants seraient également moins fatigués et vulnérables.
En conséquence, si on veut que l’école s’organise d’abord pour répondre aux besoins de tous les enfants, ce sont les autres communes du Finistère qui doivent passer à une
semaine de 5 jours. Elles se sont engagées aveuglement dans la semaine de 4 jours sans se poser la question de ce qu’elle entraînait chez les enfants. Combien de maires
se sont posés cette question ?
Les adultes lobbyistes qui ont voulu supprimer le samedi matin scolarisé ont “simplement” voulu développer leur confort personnel en libérant LEUR week-end... comme ils
le reconnaissent dans les conversations privées. De nouveau, je rappelle ici qu’il n’y a pas eu d’évaluation de la semaine de 4 jours alors qu’elle a été instituée dès 1991
dans certaines académies. Pourquoi ? La très grande majorité des enseignants que je rencontre dans les communes pratiquant la semaine de 4 jours reconnaissent qu’elle
est préjudiciable aux enfants en difficulté ... mais ajoutent qu’ils sont contents pour eux-mêmes !


Commentaire de Madame ou Monsieur GARNIER
J'adhère entièrement aux commentaires de RIVOAL et LEROUGE-LANTHOEN et j'ajoute un élément au débat : il semblerait que les écoles maternelles et primaires PRIVEES de
Brest aient décidé de ne pas faire école le mercredi matin.
Cela signifierait donc qu'il y aurait, dans un même quartier des enfants ayant école le mercredi matin et d'autres non : mais que veut la mairie de Brest : le maximum de
complexité (là on atteindrait des sommets !!) ou encore moins d'élèves dans le public car certains parents vont se tourner vers le privé pour fermer les petites écoles
publiques au final

Réponse de H.Montagner
Une nouvelle fois, l’école publique de la République doit être organisée pour assurer le succès et l’épanouissement de tous les enfants qui lui sont confiés. Je ne vois pas
pourquoi elle devrait s’ajuster à l’école privée. Je tiens à préciser que j’ai été souvent invité par des responsables d’écoles privées (je pourrais les énumérer précisément et
mettre chacun devant ses responsabilités). Tous m’ont dit qu’ils avaient la volonté d’organiser l’école pour qu’elle respecte les besoins fondamentaux des enfants, et donc
d’organiser les journées et semaines scolaires d’abord en fonction de l’intérêt et des besoins de ceux-ci. Je constate qu’ils ont menti. Ils font en effet le contraire. Est-ce
pour flatter les familles lobbystes qui veulent imposer la semaine de 4 jours et aller ainsi à “la pêche” aux enfants ? De toute évidence, les responsables de l’école privée
prêchent pour leur paroisse et non pour les enfants. C’est indigne. Je propose qu’un débat public soit organisé avec les responsables des écoles privées et avec l’épiscopat.
Je m’y rendrais. On verrait alors qui a réellement le souci de l’intérêt des enfants (et des familles).


Premier commentaire de Caroline
Je suis enseignante et mère de famille. A priori on pourrait se dire, elle tient à son mercredi. Eh bien, plus on avance dans le débat et plus je me dis que non.
Nous ne respectons pas le rythme chrono biologique de nos enfants m'a rappelé Hubert Montagner, ni le notre d'ailleurs : l'enfant a besoin de se lever et s'endormir à
heures régulières et ce sur une période de 5 jours consécutifs. De plus ils ne peuvent soutenir leur attention que 4 heures par jours pour les plus jeunes.
Semaine de 4 jours : mon enfant reprend un rythme le lundi matin, il a besoin de s'y remettre, cela démarre lentement. Mardi soir : moi je ne "travaille" pas (oui comme le
soulignait une collègue, en fait je fais semblant de ne pas travailler) donc il n'est pas obligé de se lever tôt, donc il se peut que je lui octroie la permission de casser le
rythme et voilà je ne respecte déjà plus son rythme, d'autant qu'il risque fort de se lever à la même heure quand même ! Mercredi : attention demain il y a école, on se
couche tôt. Et on recommence un nouveau rythme le jeudi que l’on casse de nouveau le vendredi soir. Bref rythme en dent de scie. La coupure du Mercredi n'est-elle pas
juste appréciée parce que justement les autres journées sont trop longues? Des enfants qui passent d'activités en activités le mercredi se reposent-ils vraiment?
Semaine de 5 jours : quoi, mais ça ne va pas, non ? Ben, pourquoi pas, je ne suis pas la seule à y penser. Comment va-t-on faire avec le centre de loisir ? Les enfants vont
passer leur temps en garderie, les parents vont fuir le public pour aller dans le privée (comme c’est commode de fuir !)… j’en passe et des meilleures peut-on lire ou
entendre.
Et pourquoi pas finir tous les jours bien plus tôt qu’actuellement ? Pourquoi ne pas réduire cette pause de midi-deux qui ne repose pas les enfants et organiser des pédibus
avec les personnels de mairie et les animateurs de centre de loisirs ou autres lieux de sport et culture afin d’accompagner les enfants qui auront des activités dans ces
lieux, plus uniquement le mercredi toute la journée ou tard le soir après une journée déjà chargée d’école ? Pourquoi ne pas repenser tout et bouleverser un peu notre façon
stressante de vivre ?

Réponse de H.Montagner
Merci Caroline pour les enfants. Vos commentaires sont parfaitement cohérents et justes, sans compter la générosité qui les sous-tend.


Deuxième commentaire de Caroline
A propos de la Finlande, il parait que les enfants arrivant en CP savent déjà tous lire et compter, en tout les cas que l'apprentissage est naturellement facilité par une
correspondance phonologie/graphologie très simplifiée (un son/une graphie) et une numération du type asiatique (Picbille/Tchou), il faut donc bien prendre tous les
éléments en compte lorsque l'on compare deux systèmes éducatifs (la fameuse rigueur scientifique qui fait parfois défaut dans les déclarations et prises de décisions de nos
hommes politiques...).
Cela dit il y a énormément de choses très positives en Finlande comme chez d'autres voisins européens, le problème c'est qu'il faut faudrait changer notre culture et là...

Réponse de H.Montagner
L’intérêt de l‘école finlandaise est qu’elle “donne du temps au temps” et respecte les particularités de chaque enfant, y compris ses “rythmes d’apprentissage”, c’est-à-dire
l’évolution particulière de chacun d’un âge à l’autre dans la vitesse, la durée de l’attention, la disponibilité, la durée et l’efficience des séquences de concentration
intellectuelle, les capacités d’analyse et de déduction. C’est à son rythme (quand il est prêt) que chaque enfant développer” l’envie d’apprendre et parvient à trouver les clés
qui permettent de comprendre et d’apprendre, avec évidemment le soutien éclairé et les compétences du maître. La plus ou moins grande précocité dans les différents
apprentissages (lecture, calcul ...) varie d’un enfant à l’autre. Certains enfants sont prêts à apprendre la lecture à l’âge de 5 ans, ou plus tôt, d’autres ne le sont pas avant 7
ou 8 ans, ou plus tard. La FINLANDE respecte ces différences. Ce qui ne pénalise pas les enfants auxquels il faut plus de temps qu’à d’autres pour comprendre et apprendre.
L’important est que chaque enfant sache qu’on ne l’abandonnera pas, même s’il est en grande difficulté, et qu’on l’accompagnera pour qu’il parvienne “tôt ou tard” à la
maîtrise des apprentissages et à la réussite. On doit à priori lui faire confiance.
Il faut souligner que la précocité dans tel ou tel apprentissage ne préjuge pas la réussite scolaire des enfants, et que, parallèlement, un retard de 1 ou 2 ans n’est pas
synonyme d’échec scolaire ou “d’échec dans la vie”.
En FINLANDE, c’est d’abord l’épanouissement des enfants qui compte. Peu importe les différences (réelles) avec les autres langues. En effet, avant la culture, il y a la
personne avec sa génétique, son vécu, ses émotions, son affectivité, ses attachements, ses expériences personnelles, ses façonnements personnels au fil du temps, ses
capacités d’adaptation ... Les enfants finlandais sont avant tout des êtres humains, et ce qui vaut pour les enfants finlandais vaut pour les autres enfants ... de France et
d’ailleurs, quelles que soient les différences culturelles. La question n’est pas de changer de culture, mais de faire en sorte que les enfants soient reconnus comme des
personnes à part entière qui ont leurs particularités, et qu’ils ne soient pas seulement considérés à travers le prisme de la famille et dans la seule perspective de l’école.


Nouveau commentaire de Caroline
C'est un peu vide ce blog, isn't it?
Pourquoi serait-ce regrettable Roger de ne pas avoir le même rythme que le reste du département? Pourquoi ne pourrions-nous pas être initiateurs d'un grand changement
voire si cela s'avère bénéfique un modèle pour le reste de la France? Utopique? Irréalisable?
Pourquoi serait-ce préférable de garder le mercredi non travaillé, quels sont vos arguments?

Réponse de H.Montagner
De nouveau, merci Caroline. Oui, les Brestois peuvent être à l’origine d’une nouvelle conception de l’école pour la Bretagne, la France et l’Europe. Mais, sachez que vous
n’êtes pas seuls. D’autres municipalités réfléchissent et discutent actuellement de l’aménagement du temps. Des conférences de presse sont programmées au cours de ce
mois de juin 2008 pour mettre en question les décisions incohérentes et irresponsables du Ministre de l’Education Nationale, à coup sûr préjudiciables pour les enfants en
difficulté. D’autres grandes villes s’apprêtent à prendre position contre la semaine de 4 jours et en faveur de la semaine de 4 jours et demi avec le mercredi matin scolarisé,
en prévoyant mieux et plus complètement l’accueil des enfants en dehors des temps scolaires. La semaine des 4 jours et les nouveaux programmes aggravent la pression
scolaire parce qu’elle augmente tous les jours la durée et le poids de ce qu’on appelle les “fondamentaux”, c’est-à-dire, le langage oral, la lecture, l’écriture et le calcul
(certains ajoutent les mathématiques). Croit-on que les enfants fatigués, insécurisés, inquiets, anxieux, angoissés, non motivés, démotivés, en échec scolaire ... puissent
physiologiquement et psychologiquement accepter tous les jours des séquences d’apprentissage formel dont la durée et la fréquence sont augmentées, alors qu’ils sont
“dans leur coquille” ou “sur leur nuage”, qu’ils “n’écoutent pas”, qu’ils sont agités, qu’ils ne peuvent mobiliser leur attention plus de quelques minutes malgré les qualités
humaines et professionnelles des maîtres, qu’ils sont “saturés intellectuellement” ? La réponse est clairement non. Pourquoi faudrait-il formater à tout moment les enfants
dans les mêmes moules ? Pour qu’un enfant apprenne, il faut d’abord qu’il puisse dépasser ses peurs, s’installer dans la sécurité affective et prendre confiance en lui et
dans autrui. Il peut alors libérer ses émotions, son langage et les capacités de base nécessaires à la libération des processus cognitifs (mécanismes et processus pour
comprendre et apprendre) et des ressources intellectuelles.
Qu’observera-t-on lorsque la pression scolaire sera encore plus forte qu’en 2007-2008, ce qui va être le cas en 2008-2009 avec les nouveaux programmes imposés par le
Ministre de l’Education Nationale ? Breton né dans le Finistère, puis accueilli à LORIENT à la fin de ma scolarité primaire et tout au long de mes études secondaires, je
citerai ici “l’exemple” de la Bretagne où, “traditionnellement” (pour des raisons historiques), la pression scolaire sur les enfants et les adolescents est très forte (trop forte) et
où, en conséquence, les succès scolaires constituent une valeur et un objectif obligés, quasiment des références ... le “graal”. En conséquence, si elle se caractérise par un
pourcentage élevé de réussite aux examens et concours (voir le cas bien connu de PLOZEVET pour les succès à l’agrégation), les enfants et adolescents qui ne réussissent
pas ont souvent le sentiment d’être abandonnés, laissés pour compte ou rejetés, et de ne pas être reconnus. Supérieure à la moyenne nationale, la fréquence relativement
élevée des suicides à l’adolescence (ils sont souvent les plus élevés de France) serait-elle sans lien avec la pression scolaire subie au quotidien, les échecs scolaires et
l’insécurité affective qui en résulte ? Et la fuite dans l’alcool et/ou la consommation de drogue ? Sortons du non dit et regardons les réalités en face, même si c’est
douloureux.


Commentaire de Madame ou Monsieur LEFRANC
Au vu des éléments que j'ai pu lire, je constate qu'il y a des POUR et 1 CONTRE, pour la semaine à 4 jours.
Je ne comprends pas pourquoi faire autant de "remue-ménage" pour le passage de la semaine à 4 jours.
Alors, que si on regarde dans les communes avoisinantes (campagne), toutes les écoles maternelles et primaires sont à 4jrs/semaine (L, M, J, V) et ont moins de vacances
scolaires. Pour eux, ça leur paraît si simple et moins compliqué (tant en coût financier que de garde). Et il n'y a pas besoin de regarder dans les pays européens !
Je ne comprends pas également comment la ville de BREST pourra laisser les écoles privées passer en 4 jrs et les écoles publiques en 4,5 jours.
Du côté individuel, mon enfant est actuellement scolarisé à BREST et moi-même travaillant du lundi au vendredi à +30 km de BREST, je le mets au CLSH le mercredi toute la
journée car je ne peux rentrer le chercher le midi. Donc personnellement, l'école le mercredi n'est pas du tout envisageable...
La ville de BREST ne serait-elle pas en train de chercher un moyen de "s'engraisser" sur le dos des familles modestes ?
Et pourquoi ne pas appliquer la loi de Mr DARCOS,qui, je vous le rappelle est ministre de l'éducation,au lieu de la parole de Mr MONTAGNER.

Réponse de H.Montagner
Tout d’abord, il ne s’agit pas “d’appliquer ma parole”. Je n’ai pas la prétention d’être l’évangile. Scientifique et universitaire, mon premier devoir est d’être critique vis-à-vis
de moi-même et de cultiver l’humilité, tout en respectant les publications scientifiques des collègues nationaux et internationaux. Savez-vous, Madame ou Monsieur
LEFRANC, qu’il y a une recherche scientifique et que les chercheurs s’appuient sur les données publiées dans des périodiques scientifiques à comité de lecture. Nous
sommes ainsi jugés en permanence par nos pairs internationaux ... à juste titre. Nous ne disons pas et n’écrivons pas n’importe quoi. J’en profite pour regretter ici les
propos diffamatoires et l’imposture ou l’inculture de Monsieur Xavier DARCOS. Sur le plateau d’une chaîne de télévision (LCI) au mois de septembre 2007, il a prétendu que
la chronobiologie était une spécificité française ... et donc que cela n’était pas sérieux (son intervention a été enregistrée et diffusée dans les milieux scientifiques qui se
penchent sur les rythmes biologiques des humaine, y compris à l’étranger ... ce qui n’arrange pas l’image de la France). Je dois donc souligner que le pionnier de l’étude
scientifique des rythmes biologiques de l’enfant était un pédiatre allemand de l’Université de MUNICH (le Professeur Theodor THELLBRUGGE), et que les fluctuations de
l’attention des enfants au cours de la journée, ensuite confirmées par les scientifiques français, étaient déjà décrites à la fin du XIX ème siècle par le pédagogue
EBBINGHAUS, lui aussi allemand. Par ailleurs, l’américain Franz HALBERG qui a également étudié certains rythmes biologiques des enfants dans les années 1950-1960, et
plus largement ceux des adultes, a créé à MINNEAPOLIS (Minnesota, USA) des laboratoires importants de chronobiologie qui sont connus dans le monde entier, notamment
pour les précieuses applications des recherches sur les rythmes biologiques dans le domaine de la médecine, en particulier dans le traitement des cancers.
Il faut que chacun parvienne à dépasser son intérêt personnel et/ou sa routine. Madame ou Monsieur LEFRANC, l’école est faite non seulement pour vos enfants, mais aussi
les autres ... tous les autres, y compris ceux que vous ne voyez jamais et qui souffrent. Vous devriez vous rendre dans certaines banlieues des villes où vivent de nombreux
enfants qui cumulent les difficultés personnelles, familiales et sociales.
En outre, même si c’est sous la forme d’une interrogation, vous êtes incroyablement injurieux (injurieuse ?) vis-à-vis de la ville de BREST en écrivant “La ville de BREST ne
serait-elle pas en train de chercher un moyen de "s'engraisser" sur le dos des familles modestes “? Comment peut-on faire un tel procès d’intention et être aussi
diffamatoire ... sous couvert d’une interrogation ?


Commentaire de Léa
Bonsoir,je tenais à revenir sur ce que disait Caroline quelques lignes avant:je site:
Semaine de 5 jours : quoi, mais ça ne va pas, non ? Ben, pourquoi pas, je ne suis pas la seule à y penser. Comment va-t-on faire avec le centre de loisir ? Les enfants vont
passer leur temps en garderie, les parents vont fuir le public pour aller dans le privée (comme c’est commode de fuir !)… j’en passe et des meilleures peut-on lire ou
entendre.
Et pourquoi pas finir tous les jours bien plus tôt qu’actuellement ? Pourquoi ne pas réduire cette pause de midi-deux qui ne repose pas les enfants et organiser des pédibus
avec les personnels de mairie et les animateurs de centre de loisirs ou autres lieux de sport et culture afin d’accompagner les enfants qui auront des activités dans ces
lieux, plus uniquement le mercredi toute la journée ou tard le soir après une journée déjà chargée d’école ? Pourquoi ne pas repenser tout et bouleverser un peu notre façon
stressante de vivre ?

certe il faudrait revoir notre façon de vivre et bouleverser beaucoup de choses,mais il me semble que la semaine des 4 jours est beaucoup plus adaptée aux enfants vu la
vie que nous leur infligeons de nos jours!!!
Par contre c'est vrai qu'elle est surement moins bien pour les professeurs car qui dit moins de jours de travaille dans une semaine dit moins de vacances dans
l'annnée!!!(petite boutade au passage!!)
mes filles sont en garde alternée 1 semaine sur 2 en école publique sur Brest et elles se lèvent tous les jours à 7heures du matin elles vont à la garderie jusqu'a 19 heures
tous les jours car je suis employée de commerce je travaille aussi le samedi et mon ex mari travaille le mercredi ce qui fait qu'elles se lèvent quasiment tous les jours à 7
heures sauf le dimanche et le mercredi quand elles sont avec moi,je peux vous assurer que les semaines sont tres durs et je préfèrerait que le samedi soit un jour de repos
pour elles et qu'il y ai moins de vacances dans l'année pour que le rythme soit respecté
Nous étions avant en périphérie brestoise avec des semaines de 4 jours et en école privée et elles étaient beaucoup moins fatiguées à l'approche des vacances.
Nous avons maitenant décidé de fuir(comme vous le dites) et de retourner en école privé (toujours sur Brest)car elles seules proposent des semaines de 4 jours et aussi
d'assurer l'acceuil de nos enfants lors des grèves à répétitions,car il faut bien le dire aussi,si les gens fuient dans le privé c'est qu'il y a bien quelques raisons n'est ce pas?
mais nous ne sommes pas là pour ce débat
Chacun y voit ses propres interets

Réponse de H.Montagner
Merci également pour les enfants.
Le corps central du débat est d’abord l’organisation des 5 jours scolaires de la semaine (lundi à vendredi inclus). C’est ensuite qu’il faut proposer et adapter les lieux et
structures d’accueil pour les temps non scolaires. ET NON L’INVERSE.
S’agissant de la journée scolaire, je le souligne de nouveau, deux moments sont très favorables aux apprentissages (entre 09h00-09h.30 et 11h.00-11h.30-12h.00 selon
l’âge, et entre 14h.30 et 16h.00-16h.30 selon l’âge, comme je l’ai expliqué dans un précédent commentaire, je n’y reviendrai pas). En revanche, deux moments sont
défavorables : la première demi-heure ou la première heure de la journée scolaire selon les enfants (c’est-à-dire 08h.30-09h.00 ou 09h.30), et le début de l’après-midi
jusqu’à 14h00-14h.30 selon les enfants. Concernant le début de l’après-midi, la neurobiologie a montré qu’il se caractérise par une dépression de la vigilance du cerveau
(voir ce que j’ai expliqué précédemment), indépendamment des entrées alimentaires du déjeuner (c’est un rythme biologique, c’est-à-dire un phénomène qui se reproduit
tous les jours à la même heure). Par conséquent, si on veut servir l’intérêt des enfants, il faut leur laisser du temps et du calme pour “éponger” cette dépression. En
aménageant aussi le temps du déjeuner à la cantine pour en faire un moment de convivialité dans une ambiance non bruyante et non stressante, il serait possible de
proposer aux enfants un temps-sujet après le repas. C’est à cette occasion qu’en interaction avec la mairie, les associations, les mouvements éducatifs ... l’école pourrait
proposer un “menu d’activités” à tous les enfants. Ceux qui souhaiteraient s’isoler, rêver, s’assoupir ... pourraient se rendre dans un lieu calme et apaisant, voire s’endormir.
Ceux qui auraient envie ou besoin de se “défouler” dans des activités ludiques (jeux de ballon, jeux de poursuite, marelle ...) pourraient s’approprier des lieux aménagés de
façon diversifiée. Ceux qui voudraient se réaliser dans des ateliers d’arts plastique, de musique, de chant choral, de mime ... pourraient être accompagnés dans l’un ou
l’autre de ces lieux. Ceux qui souhaiteraient lire, écouter de la musique ... pourraient s’installer dans des lieux spécialement aménagés, etc. On peut même imaginer que les
enfants aillent à la rencontre de la nature, d’artisans, d’agriculteurs, de pêcheurs ... c’est-à-dire du réel qui fait la vie quotidienne et citoyenne. Après ce temps-sujet
personnel, les enfants pourraient revenir en classe et poursuivre leurs apprentissages dans le créneau de 14h.30 ou 15h.00 à 16h.30. C’est en effet un très bon créneau
pédagogique. Dans le même ordre d’idées, il faut examiner comment et où les enfants pourraient être accueillis après le temps scolaire alors que l’augmentation de la
température du corps, l’élévation du métabolisme, l’augmentation de la force musculaire ... entre 16h.00 et 19h.00 se prêtent à la pratique du sport et des activités ludiques
qui exigent un fort investissement physique et physiologique. La réflexion ne doit pas oublier le samedi, en particulier pour les enfants dont les parents travaillent, ceux qui
sont laissés à eux-mêmes ...
Non, la semaine des 4 jours n’est pas plus adaptée aux enfants. Elle est plus fatigante et stressante (voir ce que j’ai déjà expliqué, je n’y reviendrai pas). J’ajouterai que la
semaine de 4 jours favorise l’absentéisme à l’école. Si je me fonde sur ce qu’on observe à LYON et sa banlieue, BORDEAUX et sa banlieue ... il n’est pas rare que, le vendredi,
des parents en partance pour le week-end viennent chercher leur(s) enfant(s) non pas à 16h.30, mais à 15h.30-16h.00. Ils peuvent ainsi partir plus tôt vers les pistes de ski
en hiver (LYON) ou le bord de la mer au printemps et en été (BORDEAUX). Cela s’appelle de l’absentéisme. Autrement dit, le lundi étant souvent un jour perturbé, il reste
alors moins de 3 jours pour les apprentissages scolaires (croit-on qu’enfant soit réceptif et disponible le vendredi après-midi quand il a pour projet de partir dans 2 ou 3
heures à la montagne, à la mer, à la campagne, chez ses grands-parents ?).
Quant à la durée des vacances, pourquoi ne pourrait-on diminuer la durée des vacances d’été pour diminuer la durée des journées scolaires ? Ce sont tous les acteurs de
l’école qui doivent faire des concessions au nom de l’intérêt supérieur des enfants. Il est nécessaire que les différents égoismes s’effacent devant la nécessité de réorganiser
l’école avec l’enfant au centre de toutes les attentions.
S’agissant des vacances dans l’année, la communauté scientifique et médicale propose depuis plus de vingt ans une alternance régulière de 7 semaines de classe et de deux
semaines de vacances (celles-ci engloberaient les jours fériés). Deux semaines de vacances sont nécessaires pour que les enfants ... et les enseignants se reposent.
S’agissant de l’école privée, voir ce que j’ai précédemment expliqué.


Commentaire de Madame ou Monsieur GARNIER
Nous sommes allés à la réunion publique à la mairie de Lambé de mardi 27 et voici ce qui a été dit par les représéntants de la Mairie :
1- La mairie de Brest va demander au Ministre Darcos une dérogation pour ne pas appliquer l'interdiction d'école le samedi à la rentrée sept2008.
2- Si la Mairie n'obtient pas cette dérogation (et donc ce report à la rentrée 2009 voire plus...), elle n'aurait à priori pas d'autres solutions que d'appliquer la semaine de 4
jours.
En effet, en 3-4 mois, il leur est matériellement impossible de mettre en place toutes les infrastructures et organisations pour organiser école le mercredi matin, cantine le
mercredi midi et envoi des enfants en centre de loisirs l'ap midi .

Par contre : confirmation : aux yeux de la Mairie la semaine de 4 jours serait la moins bonne des solutions...(on se demande encore pourquoi car ils n'ont apporté aucun
élément pour justifier cet avis).

Nous espérons donc que le Ministre Darcos refusera la dérogation et imposera pour toutes les villes la suppression du samedi matin dès la rentrée 2008 !!

Réponse de H.Montagner
Décidément, cette personne veut tout ignorer. Seuls son opinion et ses intérêts comptent, alors qu’elle n’a aucun argument crédible. Je ne reviendrai pas sur ce que j’ai
expliqué précédemment, sauf pour souligner de nouveau que le Ministère de l’Education Nationale n’a aucun embryon de preuve pour soutenir la semaine scolaire de 4
jours, et qu’il ignore complètement le développement de l’enfant. En outre, dans un rapport diffusé en 2001, les Inspecteurs Généraux de l’Education Nationale ont critiqué
sévèrement la semaine de 4 jours. La communauté scientifique et médicale a, quant à elle, des arguments vérifiés et vérifiables pour dénoncer les effets négatifs de la
semaine de 4 jours pour les enfants vulnérables et/ou en difficulté scolaire. Pourquoi Madame ou Monsieur GRANIER ne sont pas venus à la conférence organisée par la
Mairie de BREST ?


Commentaire de Caroline
A propos de la boutade de Léa : ce n'est pas parce que les enfants ont 2h de moins dans les nouveaux programmes qu'elles ont disparues pour les enseignants je vous
rassure. Quant aux vacances raccourcies, du moment qu'elles respectent le rythme de récupération préconisé par H.Montagner, cela ne me gêne pas.
J'ai connu à deux reprises la semaine de 4 jours avec les petites vacances (comme les grandes) rognées ainsi que des rattrapages le mercredi comme l'ont subis certains
collègues autour de Brest et je n'ai pas trouvé que les enfants étaient reposés. Je crois même que beaucoup de parents sont allés se plaindre cette année auprès des
collègues directeurs qui n'y sont pour rien dans la mise en place du calendrier scolaire.

Je me demande seulement si on réussira à être constructif un jour dans ce pays...

Réponse de H.Montagner
De nouveau, merci pour la pertinence et la cohérence de votre contribution. Je confirme : de nombreux parents constatent que leur(s) enfant(s) sont très fatigués par les
semaines scolaires de 4 jours.
Jusqu’à 2007-2008, la durée des petites vacances réduite à 10 ou 12 jours était insuffisante pour que les enfants et les enseignants se reposent. J’espère que le Ministère
de l’Education Nationale tiendra sa promesse de ne plus réduire la durée des petites vacances à partir de la rentrée scolaire de septembre 2008.
J’ajoute un élément au débat : avec l’augmentation des fatigues et des stress cumulés, faut-il s’étonner que de plus en plus de parents consultent les médecins généralistes,
les pédiatres ou les pédopsychiatres pour les motifs suivants : fatigue scolaire, difficultés d’endormissement et/ou troubles du sommeil, “problèmes”’ de comportement
(replis des enfants sur eux-mêmes, “hyperactivité”, excès d’agressivité ...).


Commentaire de Brigitte
Pourquoi tant de discussions !
En effet, le décret est clair. Les élèves des écoles maternelles et élémentaires auront 24 heures d'enseignement par semaine dès la rentrée de septembre 2008, les
enseignants continueront, eux, à effectuer leurs 27 heures hebdomadaires dans les écoles.
Tous les élèves de la petite section à la terminale auront les mêmes dates de vacances scolaires ce qui facilitera la vie des familles ayant des enfants scolarisés à différents
niveaux.

Pour ce qui est du rythme de l'enfant, pensez-vous réellement que les parents qui travaillent actuellement 35 heures par semaine (il est question que la durée légale du
temps de travail augmente) sont disponibles pour venir chercher leurs enfants à l'école tant à la pause de midi qu'à la sortie de l'école. Non. Il n'y a qu'à voir le nombre
d'enfants mangeant au restaurnat scolaire et fréquentant les haltes d'accueil matin et soir.
En réduisant l'amplitude horaire de la journée, on ne fait qu'augmenter encore plus le temps de présence des enfants en collectivité puisqu'on leur ajoute une demi-journée
dans la semaine sans pour autant diminuer le temps collectif les autres jours.
Le mercredi, même quand les parents travaillent, il y a souvent des solutions alternatives aux structures collectives qui ont été trouvées par ces mêmes parents pour
permettre à leur enfant de souffler un peu loin des contraintes.
Quand on cherche des renseignements sur les rythmes de l'enfant, les documents disponibles sur internet datent pour la plupart de plusieurs années, souvent avant le
passage aux 35 heures.
De plus, si on les lit attentivement, on s'aperçoit que ce qui est préférable pour un enfant de 6 ans ne l'est pas forcément pour celui de 10 ans. Si donc on veut à tout prix
respecter les rythmes des enfants faisons des écoles dont les jours et les heures de fonctionnement sont différents pour chaque niveau.

Réponse de H.Montagner
“Pourquoi tant de discussions” ? Tout simplement pour tenir compte de l’intérêt des différents enfants et des différentes famille, et non pas pour accepter une décision
arbitraire du Ministre de l’Education Nationale. Les réflexions de la communauté scientifique et médicale ne se fondent pas sur telle ou telle semaine de travail des adultes
(35 heures ou autres), mais sur l’ensemble des “cas de figure”, même si elle s’est aussi intéressée, et s’intéresse toujours, à des situations difficiles comme le travail de nuit
et le travail posté.
J’ai déjà souligne que c’est l’ensemble des 24 heures qu’il faut prendre en compte, y compris les temps préscolaires, le temps du déjeuner et les temps postscolaires. La
question n’est pas celle du temps collectif. A l’école, les enfants sont le plus souvent en situation de temps collectif, même si les enseignants aménagent des temps
personnels, notamment pour accompagner les enfants en difficulté de façon individualisée.
L’aménagement et l’organisation des lieux et structures en dehors du temps scolaire devrait être fondée essentiellement sur la qualité de l’accueil des enfants (et des
familles qui retrouvent leurs enfants), et sur l’amélioration des activités qui leur sont proposées. Ayant déjà apporté des réponses à ces questions, je n’y reviendrai pas.
S’agissant des documents publiés sur les rythmes biologiques de l’enfant, BRIGITTE pourrait trouver des références précises dans les bases de données internet des serveurs
spécialisés. Cependant, elle pourrait aussi trouver les références des principaux articles scientifiques dans la bibliographie de mes livres, en particulier ceux qui ont été
publiés (en anglais) dans des périodiques internationaux à comité de lecture, c’est-à-dire acceptés après le jugement des pairs (voir Chronobiology International, Pediatrics
...). Je précise que les recherches de mes collaborateurs et les miennes s’inscrivent dans le cadre général du développement de l’enfant, et pas seulement de ses rythmes.
BRIGITTE pourrait lire notamment mon dernier livre “L’arbre enfant. Une nouvelle approche du développement de l’enfant”, paru en septembre 2006 à PARIS aux Editions
Odile Jacob. Me concernant, je n’ai pas publié de nouveaux articles depuis plusieurs années en raison de mon départ en retraite. Cependant, les dernières données sont en
accord avec celles des études des 30 dernières années, en particulier avec celles des chercheurs français.
Vous avez raison : bien évidemment, il faudrait tenir compte de l’âge des enfants dans l’aménagement du temps scolaire. Je n’ai cessé de le souligner depuis 30 ans. On ne
peut en effet proposer la même journée scolaire à un enfant de 3 à 4 ans (petite section d’école maternelle), ou même de 6 à 7 ans (cours préparatoire), qu’à un enfant de 9
à 11 ans (CM1 ou CM2). C’est une évidence que le Ministère de l’Education Nationale s’obstine à ignorer. Un exemple issu des articles que mes collaborateurs et moi-même
avons publiés dans Chronobiology International (1987) : au cours préparatoire, les fréquences de bâillements sont de 68% entre 09h.00 et 09h.30, 59% entre 11h.00 et
11h.30 et 68% entre 14h.30 et 15h.00, alors qu’elles sont beaucoup plus faibles aux autres moments de la journée scolaire. Il en est de même pour les autres indicateurs
comportementaux de non vigilance et, globalement, pour le rythme cardiaque. En conséquence, une journée pédagogique pour les enfants du cours préparatoire ne devrait
pas excéder 3 heures-3h.30, au maximum 4h. (1h.30 à 2 h. de temps de forte vigilance dans la matinée selon les enfants, et 1h.30 ou un peu plus au cours de l’après-
midi). Par comparaison, si on considère d’autres études, par exemple celles de François TESTU et de ses collaborateurs, il n’y a pas de baisse de la vigilance à 11h.00-
11h.30 chez les enfants de CM1-CM2. On pourrait donc raisonnablement proposer une journée scolaire de 4h.30, au maximum 5h., pour les enfants de CM1-CM2, et non
pas 06h. Ce qui devrait compter, ça n’est pas la quantité de temps passé par les enfants-élèves en situation d’apprentissage, mais la réceptivité et la disponibilité qui
permettent de comprendre et d’apprendre.


Commentaire de Thierry
Je découvre les commentaires de ce blog et je trouve qu’ils sont fort peu représentatifs de la richesse des débats que j’ai entendus dans la réunion de concertation où je
suis allé (Mairie de Rive droite). Le web 2.0 serait-il plus propice à la contestation qu’à la concertation … constructive !

J’ai l’impression que le débat tourne ici sur des logiques très individuelles, sans grand lien avec l’intérêt de l’Enfant (au sens de tous les enfants). Le débat sur l’éducation
est avant tout un débat de société. Il Y est question d’égalité des chances et de réussite pour tous, pas du niveau de fatigue de son petit lou le vendredi soir … même si, en
tant que parent, ce soit un paramètre important.
Chacun semble voir son intérêt et le rythme de son enfant. L’école n’est pas faite pour que les enfants ne se fatiguent pas et rentrent à la maison en pleine forme. L’école
est là dans un rôle d’éducation et d’apprentissage collectif.

Notre société impose aux adultes des horaires qui ont des retombées sur les rythmes de nos enfants. C’est sur que tous les parents ne pourront pas venir chercher leur
enfant à 16h15 et que certains seront en plus obligé de les déposer avant 8h (y compris moi), mais pour peu que l’accueil soit de qualité, ce n’est pas un temps perdu même
si ce rythme est fatiguant pour l’enfant (et pour les parents aussi). Il ne faut pas oublier que c’est sur le temps scolaire que se joue l’égalité des chances à l’école, pas le soir
à la maison (et ceci, avant comme après les 35h !).

Moi, je suis pour une semaine qui prenne en considération l’apprentissage du plus faible des enfants d’une classe, parce que c’est cette école qui donnera les adultes avec
lesquels j’ai envie que mes enfants vivent plus tard, pas une société de compétition comme on est en train de nous pondre en décrochant, avant même le collège, les enfants
les moins culturellement favorisés.

Tous les scientifiques et les spécialistes dans le monde s’accordent pour dire que c’est une semaine où les temps d’apprentissage sont plus courts et mieux répartis sur la
semaine. Alors je ne suis pas pour une semaine à 4 jours, encore plus courte qu’aujourd’hui. La semaine avec l’école le mercredi me semblerait être à regarder de très près.

Réponse de H.Montagner
Merci à THIERRY pour la pertinence, la logique et la générosité de son propos. L’égalité des chances passe d’abord par la prise en compte de chaque enfant par l’école et les
co-acteurs de l’école tel qu’il est et non pas tel qu’on voudrait qu’il soit.


Commentaire de Eliane
Enfin des commentaires plus positifs. Je n'osais pas en mettre, je me lance :
1) Merci d'organiser des réunions qui nous permettent ensemble de parler de nos enfants et des conditions dans lesquelles ils grandissent.

2) Merci de "mettre l'enfant au coeur du système" en nous faisant prendre conscience que nous imposant notre vie d'adulte aux enfants sans leur demander leur avis. Quel
égoïsme !

3) je n'ais guère d'espoir sur une semains scolaire innovante l'année prochaine. Pourtant si nous pouvions imaginer une semaine scolaire pour le bien de nos enfants en
nous forçant à nous adpater, serit-ce à ce point révolutionnaire ? Je ne suis qu'une mère de famille qui essaye de s'intéresser au maximum à ses enfants, et je ne suis pas
plus que cela intéressée par la politique, mais si, pour l'avenir de mes enfants, essayer de changer les choses c'est être révolutionnaire, alors je le serais.

4)Rien ne peut se faire sans l'appui des enseigants, des parents, avec le soutien de la ville de Brest. SI nous avons un discours cohérent, qui met l'enfant au centre, avec une
volonté d'éducation pour tous, que peut dire l'inspecteur d'académie ? Ou serait-ce à dire qu'il n'en à rien à f.... de l'Education. Je n'ose l'imaginer

Réponse de H.Montagner
Pour les enfants à mettre au coeur du système, merci ELIANE. Il faut effectivement repenser et refonder l’école si on veut donner toutes leurs chances à tous les enfants, et
non pas seulement à quelques-uns. Il ne revient pas à l’Inspecteur d’Académie de décider seul et unilatéralement, mais à l’ensemble des co-éducateurs et co-acteurs de
l’école ... indépendamment des considérations politiques. Merci pour les enfants.


Commentaire d’un auditeur attentif
Reproduction d’un Texte de François TESTU

Réponse de H.Montagner
Merci d’avoir reproduit un texte de François TESTU. Je partage évidemment ce qu’il développe. Nous sommes d’accord sur tout ou presque tout à partir de données qui ont
été obtenues au moyen de démarches, méthodes et techniques différentes (le champ disciplinaire de François TESTU et ses collaborateurs est la Psychologie Expérimentale ;
quant à mes collaborateurs et moi-même, nos champs disciplinaires sont les neurosciences et le développement de l’enfant). Nos conclusions et analyses sont similaires.
Pourtant, pour ne pas aborder la question des rythmes scolaires et pour discréditer les scientifiques, plusieurs ministres de droite et de gauche ont prétendu que ces
derniers n’étaient pas d’accord entre eux. J’affirme donc et de nouveau que, au sein de la communauté scientifique et médicale qui se penche sur l’enfant et ses rythmes,
nous sommes TOUS d’accord pour affirmer que la semaine de 4 jours est le plus mauvais système, surtout pour les enfants en difficulté, et que les changements devraient
porter en priorité sur la durée et l’organisation des journées scolaires.


Commentaire de HERVE
Les professeurs universitaires, Hubert Montagner et François Testu nous indiquent d’après des études scientifiques (mêmes exercices proposés à des heures différentes…),
quels sont les horaires pendant lesquels les enfants sont les plus réceptifs aux apprentissages. Les horaires favorables étant limités, ceci incite les professeurs à proposer
des journées plus courtes. D’autre part, les ruptures du rythme donnent des redémarrages laborieux, il faut alors associer un allégement des journées à un étalement de la
semaine (sur 4 jours et demi, par exemple).

A ces visions scientifiques sur l’optimisation du temps d’école, les parents répondent souvent par des arguments liés à la fatigue globale de leurs enfants.
Ce n’est pas du tout la même chose !

On ne peut pas vraiment modifier la donne sur les moments les plus favorables aux apprentissages : c’est de la chrono biologie.
Par contre, sur la fatigue globale des enfants, on peut agir.
D’après Philippe Meirieu, référence dans le microcosme de l’éducation, les enfants ont perdu, au cours des15 dernières années, une heure et demi de sommeil par jour !
De plus, la qualité du sommeil d’un enfant est liée à beaucoup de paramètres : par exemple, la certitude pour un enfant qu’on l’aime, le rituel du coucher (histoire, bisou…)
sont autant d’éléments importants. De même, dès le réveil, il y a des manières de faire qui conditionnent une bonne préparation de l’enfant pour qu’il soit plus rapidement
réceptif à l’école.

Ce ne sont que quelques exemples que donne P. Meirieu, mais l’important est de savoir qu’on peut agir pour une moindre fatigue de l’enfant et une meilleure préparation
de ses capacités à l’école, alors qu’on ne peut pas vraiment modifier son rythme chrono biologique.

Pour peu que l’on accorde du crédit aux études scientifiques, on ne peut pas nier le caractère indiscutable des avantages d’une semaine à 4,5 jours.

Maintenant, ceci peut être pris comme une recommandation.
Si les familles ne peuvent pas s’y adapter, ce n’est pas catastrophique.
Il reste beaucoup d’autres leviers pour diminuer la fatigue des enfants et agir sur leur disponibilité.
C’est un débat qu’il faudrait continuer après les décisions de juin sur la semaine scolaire.

Mais il y a au moins une remarque à faire :
L’organisation de la meilleure semaine scolaire est une décision de la collectivité, qui concerne tous les enfants ; alors que les actions contre la fatigue des enfants ont lieu
dans les familles : tous les enfants ne sont pas égaux de ce point de vue.


Réponse de H.Montagner
Merci pour votre contribution et vos éléments d’analyse, tout à fait justes et pertinents.
Personnellement, je ne dissocie pas les rythmes biopsychologiques des enfants et leur fatigue globale car tout est lié. Il faut d’abord rappeler la définition donnée à la
fatigue par le Larousse (“Etat résultant du fonctionnement excessif d’un organe, d’un organisme, et qui se traduit par une diminution du pouvoir fonctionnel ; sensation
pénible qui l’accompagne”). Je m’en tiendrai à cette définition.
La fatigue peut résulter de déficits ou dysfonctionnements physiologiques, par exemple dans les maladies, les récupérations post-traumatiques ou post-chirurgicales. Elle
peut aussi résulter d’excès dans les pratiques corporelles (le sport par exemple), dans les sollicitations et activités intellectuelles (par exemple, au moment de la préparation
d’un examen), dans les sollicitations et activités sociales et/ou dans les sollicitations et activités professionnelles surtout quand les rythmes de travail sont à contre-phase
des rythmes biologiques (par exemple, le travail de nuit et le travail posté). Mais, elle peut être plus cachée, “insidieuse” et permanente ou quasi-permanente. L’étude des
rythmes biologiques permet d’y voir plus clair. En premier lieu, celle du rythme veille-sommeil, donneur de temps de toutes les fonctions physiologiques et
biopsychologiques, et lui-même synchronisé par l’alternance du jour et de la nuit (qui organise aussi les rythmes familiaux et les rythmes sociaux). Essayons de
comprendre. Dans un cycle complet de sommeil nocturne, cinq stades se succèdent. Sans entrer dans les détails, l’avant-dernier stade (dit sommeil lent) se caractérise
notamment par un pic de sécrétion de l’hormone de croissance par l’hypophyse. Ainsi que son nom l’indique, cette hormone joue un rôle important dans la croissance des
enfants. Mais, elle a aussi des propriétés anabolisantes, c’est-à-dire qu’elle joue un rôle dans la reconstitution ou restauration des protéines que nous “brûlons” tout au
long de la journée pour faire face aux efforts, contraintes, stress, fatigues ... En d’autres termes, toutes les nuits, l’hormone de croissance permet à notre organisme de se
reconstituer “dans ses forces vives”, de récupérer physiologiquement, et d’être ainsi prêt le lendemain à faire face sans dommage et avec efficacité aux multiples
sollicitations, exigences, agressions ... de l’environnement, notamment en situation de travail, ou pour l’enfant en situation scolaire. Le dernier stade d’un cycle complet de
sommeil nocturne est le sommeil paradoxal, moment où nous avons une forte probabilité de développer les rêves les plus “fous”, sans lien évident avec la réalité. Grâce aux
rêves, nous transgressons les tabous, les interdits sociaux ... Nous faisons en effet “en rêve” ce que nous interdisent les règles familiales et sociales, notamment dans le
domaine de la sexualité. Au fond, le sommeil paradoxal est une formidable soupape mentale qui permet d’évacuer les phantasmes qui peuvent brouiller la vie familiale et la
vie sociale. Au réveil, nous sommes ainsi prêts à accepter les règles et interdits au sein de la famille et en dehors, y compris à l’école. En outre, la mémorisation et la
consolidation des apprentissages sont facilités au cours du sommeil paradoxal.
On peut donc comprendre aisément l’importance d’un rythme veille-sommeil respecté chez tous les enfants. Or, comme le souligne l’excellent Philippe MEIRIEU, la durée du
sommeil des enfants s’est considérablement réduite au cours des quinze dernières années. On peut donc comprendre que, avec moins de cycles au cours de la nuit, une
durée écourtée des stades de sommeil lent et de sommeil paradoxal, mais aussi un endormissement retardé ou perturbé, une fréquence plus élevée des réveils nocturnes,
surtout s’ils sont accompagnés de cauchemars et de terreurs chez les plus jeunes, les enfants actuels ont une plus forte probabilité d’être plus fatigués ou épuisés qu’il y a
vingt, trente ou cinquante ans. On voit donc ici que la fatigue est liée à l’altération d’un rythme biopsychologique majeur, le rythme veille-sommeil, et à l’altération
concomitante d’autres rythmes biopsychologiques puisqu’ils sont influencés par le premier, par exemple, les fluctuations de la vigilance au cours de la journée. Il ne faut
donc pas s’étonner que la première heure de la matinée scolaire se caractérise chez une majorité d’enfants par des comportements de non vigilance ou de somnolence
(bâiller, s’affaler, fermer les yeux, parfois s’endormir, “se replier dans sa coquille” ...). C’est caricatural chez les enfants qui cumulent des déficits de sommeil liés notamment
à la durée excessive et au prolongement dans la soirée des temps passé devant le téléviseur, aux modes et conditions de vie des familles, à la semaine scolaire de 4 jours
(voir ce que j’ai expliqué précédemment dans mes réponses aux autres personnes). C’est aussi ce qu’on observe chez les enfants qui “transportent” à l’école leurs peurs et
leur insécurité affective. Les indicateurs de fatigue peuvent alors être observés à tout moment, mais surtout à la fin de la matinée scolaire et au début de l’après-midi.
Croit-on que les enfants très fatigués (au rythme veille-sommeil perturbé, “insécures” ...) peuvent mobiliser leurs ressources intellectuelles comme ceux du même âge dont
le rythme veille-sommeil est respecté tous les jours et qui vivent au quotidien dans la sécurité affective ?
On peut agir sur les rythmes biopsychologiques en agissant sur les facteurs qui sont corrélés au manque de sommeil et à l’insécurité affective, et réciproquement. Il n’y a
pas de fatalité ni de déterminisme biologique.
Je suis entièrement d’accord avec ce que HERVE souligne pour l’endormissement et le réveil des enfants (voir mes réponses précédentes).


Commentaire de Madame Josyane WIRKEL
Présidente d’une association d’éducation populaire, je trouve important de donner un avis associatif sur la question de la modification de la semaine scolaire.
Nous intervenons en animant des espaces d’activité sur les temps « avant et après la classe » et pendant la pause méridienne auprès des enfants d’une école du quartier
depuis plus de 20 ans maintenant. A chaque fois que la question de l’organisation de la semaine scolaire s’est posée, nous nous sommes positionnés pour la semaine de 5
jours. Je partage en grande partie ce que dit Caroline : la semaine de 5 jours est bien l’organisation de la semaine qui prend le mieux en compte les rythmes de vie de
l’enfant. C’est bien la régularité et la rythmicité de ses journées qui lui permettent de récupérer physiquement et de « se restaurer » pour être plus disponible aux
acquisitions quelles qu’elles soient.
La pause méridienne est un temps nécessaire : M Montagner parle de temps de respiration, d’apaisement, de détente et de convivialité, un temps citoyen où l’enfant peut
être amené à découvrir son environnement, et pourquoi pas contribuer à le transformer. Beaucoup d’enfants mangent « à la cantine » aujourd’hui ; ils bénéficient
d’animations sur ces temps là et, pour ceux que je connais, c’est un temps important « de jeux, de rencontres avec les autres ». Pour ceux qui y participent déjà, ce temps
de « pause méridienne » est organisé et doit être amélioré au niveau de ce qui est proposé. Il sera nécessaire bien sûr de penser différemment la pause méridienne des tout
petits … qui n’ont pas les mêmes besoins que les plus grands. Je pense que sur ce point il faut faire confiance aux associations et au service périscolaire de la Ville : les
compétences existent … il faut juste améliorer le projet d’accueil pour qu’il soit pertinent et qu’il réponde aux besoins des enfants … et faire en sorte que chaque enfant,
dans chaque école y ait accès sans « surcoût » pour les familles. C’est bien cette ambition politique qui est à l’ordre du jour dans le Projet Educatif Local !
Par contre, la question qui se pose concerne bien évidemment ceux qui n’y viennent pas (parce que les parents ont fait le choix ou peuvent être disponibles sur le temps de
repas) : il faudra effectivement trouver une organisation qui permette aux enfants d’être accueillis à l’école après leur repas à la maison. « Ce service » doit être gratuit pour
les familles.
Le "soutien scolaire" sur ce temps de pause me parait pertinent parce que moins stigmatisant pour l’enfant que s’il a lieu le soir ... mais il faudrait à mon sens allonger
encore un peu la pause méridienne (jusqu’à 15h ?)!
Ce qui me semble plus compliqué à organiser - même si cela est réalisable – est l’accueil des enfants après la classe le mercredi. Je suppose qu’un service de cantine serait
organisé dans les écoles mais après ? Comment accompagner les enfants vers leur lieu de pratique d’activité ? Certains – comme cela est le cas déjà – iront dans les
associations du quartier « pédibus » aidant par exemple mais les autres qui vont à l’école de musique ou pratiquent une activité sportive ailleurs dans un club ??? A notre
sens, il est important que les enfants et les familles conservent le droit d’aller en activité où ils le souhaitent et pas uniquement dans les associations du quartier de l’école
… cette liberté de choix est importante … on ne peut bien sûr imaginer « une carte des loisirs » ! Si un transport des enfants après l'école vers leurs loisirs est organisé, il
doit pouvoir se faire sur l’ensemble

Caroline 14/06/2008 19:28

Eh bien nous, nous avons voté pour la semaine de 4 jours et 1/2 et même demandé de faire partie d'un programme expérimental à 5 jours et nous ne sommes pas les seuls.