Près de 2 Français sur 3 veulent raccourcir les vacances d’été

Publié le par Politique Educative Locale de Brest

 
 

La proposition de Luc Chatel, le ministre de l’Education, d’alléger les rythmes scolaires, et donc de réduire les congés scolaires en période estivale, séduit une majorité de Français. Comme le confirme le sondage Ipsos France-Soir.

 

« Ayons en tête que les grandes vacances que nous connaissons ont été inventées à une période où les petits paysans rentraient à la maison pour faire les moissons ! » C’est ainsi que Luc Chatel, le ministre de l’Education, a lancé il y a peu le débat sur les vacances scolaires d’été et convoqué pour le mois prochain une conférence nationale à ce sujet.

A l’évidence, les vacances d’été, telles qu’elles ont existé jusqu’à présent, sont dans sa ligne de mire. De même que les rythmes scolaires, d’une manière générale, et la semaine de quatre jours, en particulier, qui fut imposée bien avant son accession au fauteuil ministériel, en 2007, par les pouvoirs publics.

A l’évidence aussi, les fédérations de parents d’élèves ont tout lieu de se réjouir – et à l’unisson – de ce débat sur les vacances et rythmes scolaires, susceptible de chambouler l’organisation des cours en France. Que ce soit la FCPE, classée à gauche, ou la Peep, étiquetée à droite, elles ne cessent en effet de réclamer cette conférence, sur la base d’études jugeant le rythme scolaire français trop exigeant pour les enfants.

Large consensus

Mais qu’en pensent les Français ? Sont-ils favorables ou hostiles au raccourcissement de la durée des congés estivaux afin d’alléger les journées de cours des élèves ? Souhaitent-ils la mise en place de zones pour les vacances d’été, comme c’est déjà le cas pour les vacances d’hiver et de printemps ? A la demande de France-Soir, l’institut Ipsos a posé ces questions et recueilli des réponses qui témoignent a priori d’un large consensus dans la population sur la nécessité de réformer le système actuel. Qu’ils soient ou non des parents d’enfants scolarisés, 60 % des Français se déclarent en faveur de la réduction de la durée des vacances scolaires d’été.

« Attention, précise toutefois Jean-François Doridot, le directeur d’Ipsos Public Affairs, ce n’est pas tout à fait aussi simple ! Ce consensus existe, mais “dans le but d’alléger les journées de cours des élèves”. Il concerne donc davantage les rythmes scolaires que les vacances proprement dites. » « De surcroît, souligne le spécialiste, il s’agit d’un consensus un peu mou. A la fois conditionnel et fragile. Car raccourcir les congés d’été devient très vite suspect, tant auprès des enseignants qui peuvent y voir une justification des suppressions de postes qu’à l’égard des parents, souvent soucieux des incidences sur le niveau scolaire et le nombre de cours. »

Des zones en été comme en hiver

S’agissant de la mise en place de zones pour les vacances d’été, comme c’est déjà le cas pour les congés d’hiver et de printemps, elle est, selon le sondage, approuvée par plus d’un Français sur deux. « Mais, là encore, souligne Jean-François Doridot, il convient d’avoir conscience que, si des mesures précises étaient évoquées, l’opinion serait peut-être fort différente. Comme ce fut le cas avec la taxe carbone, plébiscitée sur le principe et désapprouvée aussitôt les modalités de son application connues ! »

Incidences économiques

Reste que pour les petits Français, ces Européens qui subissent les rythmes scolaires les plus intensifs, l’équilibre entre le temps de l’école, le temps de repos, les activités sportives et culturelles relève sinon de l’impossible, du moins d’un exercice particulièrement délicat. « Nous sommes parmi les pays développés qui ont le plus d’heures par an mais le moins de jours de classe », déplore volontiers Luc Chatel, en référence à l’école primaire, où il y a 144 jours de classe contre 185 à 190 dans plusieurs pays européens, mais aussi au lycée. Dans quelques semaines, le débat, avec toutes les incidences économiques et sociales qu’il entraîne, devrait fort heureusement être une bonne fois pour toutes posé.

Publié dans Actualités

Commenter cet article