Semaine de 4 jours à l’école : la fin ?

Publié le par Politique Educative Locale de Brest

Le Ministère de l’Education Nationale demande aux Recteurs et Inspecteurs d’Académie, dans un texte paru au BO – bulletin officiel de l’EN – d’être, pour la prochaine rentrée scolaire, « attentifs à la gestion des rythmes scolaires, en relation avec les collectivités locales, les parents d’élèves et les enseignants ». Une « organisation de la semaine en neuf demi-journées (du lundi au vendredi en incluant le mercredi matin) » sera même encouragée « chaque fois qu’elle rencontrera l’adhésion »…

 

Vous vous souvenez, sans doute, du débat qui a secoué, au cours de l’année scolaire 2008 – 2009, l’ensemble de la communauté éducative – parents – enseignants – collectivités locales. Rappelons les faits.

 

Alors qu’en Allemagne les élèves vont en moyenne 208 jours par an à l’école, la réforme Darcos plaçait la France au rang d’exception – négative – avec 140 jours seulement.  Dans le même temps, c’est en France que le nombre d’heures annuel est le plus élevé avec 840 heures annuelles avec, conséquence néfaste, des journées scolaires de 6 heures les plus longues et lourdes à supporter d’Europe.

 

Dans les débats organisés à l’époque les intérêts personnels de certains parents et d’une majorité d’enseignants l’avaient emporté sur l’intérêt de l’enfant. Dommage pour l’enfant et particulièrement pour les plus fragiles d’entre eux.

 

Dommage que des parents, pour qui la réussite de leurs enfants n’est pas un problème et qui ont les moyens de gérer leurs temps extrascolaires entre école de musique et club sportif, imposent leur point de vue à la majorité des familles.

 

Dommage que certains enseignants, dont le premier objectif devraient être l’intérêt et la réussite de tous les enfants, privilègient leur propre confort personnel. A leur décharge, ils sont tellement maltraités par leur Ministère qu’on peut comprendre qu’ils préservent ce qu’ils pensent être leurs derniers avantages. C’est un leurre !

 

A l’époque, malgré les avis unanimes exprimés par la communauté médicale et scientifique, rien n’y avait fait. Pourtant il n’aura pas fallu attendre longtemps pour que les effets négatifs pour les enfants, mais aussi pour les enseignants, se fassent sentir. Tous les enseignants le disent, ils ont de plus en plus de mal à finir chaque trimestre. Qu’en penser alors pour les enfants dont ils ont la charge !

 

C’est un rapport de l’Académie de médecine de janvier dernier qui a ramené cette question sur le devant de la scène et qui, peut-être, a amené le Ministère a tenter cette avancée timide ? Car, en effet, toute la question est de savoir comment chacun, dans cette affaire, va s’engouffrer ou non dans la « fenêtre de tir » qui vient d’être réouverte, et va assumer ses responsabilité.

 

Les enseignants, qui de plus en plus nombreux dénoncent les effets néfastes du système, auront-ils la lucidité de comprendre qu’une charge de travail mieux répartie dans le journée et dans la semaine facilitera la réussite des enfants et, par voie de conséquence, améliorera leurs conditions de travail ?

La majorité des parents saura-t-elle ne pas se laisser confisquer ce débat par quelques priviligiés bien peu soucieux de l’intérêt général ? La FCPE, première fédération de parents d’élèves a toujours été claire sur ce point est sera d’une grande utilité pour gagner ce nouveau combat.

 

Les collectivités locales, enfin, auront-elles, au-delà des déclarations de principe, le courage de porter ce débat à son terme et de créer, de leurs côté, les conditions pour qu’une telle réforme soit mise en oeuvre dans les meilleures conditions possibles ?

 

C’est le voeu que je forme, c’est le pari que je fais !

 

 

Source : http://www.dazibao-blues.fr

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